la forêt domaniale d’Agre

Cette vaste forêt qui sépare Montech de Montauban, est depuis fort longtemps connue sous le nom de Forêt de Montech.

Un peu d’histoire

Le document le plus ancien évoquant la forêt de Montech est la charte de Nizezius : il s’agit de la cession d’un immense domaine faite par Nizezius, homme de qualité et fort riche, à l’abbaye de Moissac en 680. Ce fut le point de départ pour les moines de Moissac d’une prospérité jusque là inconnue. Mais à partir du siècle suivant, au cours des invasions des arabes et des normands, les domaines et monuments abbatiaux furent saccagés.

En 1239, Jeanne, fille unique du Comte de Toulouse, Raymond VII, épousa Alphonse de Poitiers, frère de Louis IX. Raymond VII mourut en 1242 et les époux lui succédèrent et moururent en 1271, ne laissant aucune descendance. Ils eurent alors comme successeur le roi de France, Philippe III le Hardi. Ainsi la forêt de Montech, incorporée au domaine de la Couronne de France en 1361, sous le règne de Jean II le Bon, devint forêt royale.

Au temps de la royauté, la forêt était propriété de la Couronne de France. Sous la Restauration, l’autonomie fut rendue à l’Administration forestière, puis le poste de Directeur Général des Eaux et Forêts fut créé. La forêt de Montech, en tant que forêt domaniale est donc soumise au régime forestier. Sous la IIIè République, l’Administration des Eaux etForêts fut rattachée au ministère de l’Agriculture, dont elle fut écartée en 1964.

La gestion et l’équipement des forêts domaniales furent alors confiés à un Office à caractère industriel et commercial : l’Office National des Forêts (ONF), placé sous la tutelle du Ministre de l’Agriculture.

Vestige de la grande « Sylva Agra » médiévale, elle occupe actuellement plus de 1300 hectares.

De forme allongée (6 km sur sa plus grande longueur, 3 km sur sa plus grande largeur), elle est traversée par la départementale 928 reliant Montauban à Auch et par la voie ferrée Paris-Toulouse. Enfin le Canal de Garonne la longe sur sa partie Sud-Ouest.

Son accès est facile : deux routes de pénétration la sillonnent, l’une venant de Montech et l’autre de Bressols (en longeant le champ de tir.

L’ensemble de la forêt est signalé comme ZNIEFF (Zone Naturelle d’Intérêt Ecologique, Faunistique et Floristique)

Végétation

Le climat de Tarn et Garonne, doux et tempéré a une influence peu marquée sur la végétation forestière. Cependant, les étés généralement secs excluent les essences trop exigeantes en humidité atmosphérique.

L’essence dominante est le chêne avec les espèces rouvre ou sessile, pédonculé et pubescent. Après le chêne, l’essence la plus abondante est le charme. Les autres essences feuillues spontanées sont très rares ; signalons toutefois l’alisier torminal, le châtaignier et le frêne. Mais depuis 1880, on a poursuivi avec assez de régularité l’enrichissement des parties les plus pauvres de la forêt. Par exemple , le pin sylvestre n’a donné que des résultats médiocres contrairement au pin maritime dont la croissance est à peu près satisfaisante. A côté des pins on a introduit le chêne rouge d’Amérique.

Autre essences rencontrées : , pin laricio de Corse, pin Weymouth, sapin de Nordman et plus rares, merisiers, néfliers, pommiers, tilleuls, ormes , érables…et de beaux spécimens de cormiers ou sorbiers domestiques.

Faune

Chevreuil, sanglier, lièvre ,lapin et divers petits prédateurs :genette, renard,fouine,putois…

L’avifaune est assez riche. On note la présence de nombreuses espèces protégées telles que le milan noir, l’aigle botté, le circaète Jean-le-Blanc, l’engoulevent, la fauvette « pitchou »…

Exploitation

Située sur un terrain peu accidenté, la forêt de Montech est d’exploitation aisée. Longtemps utilisés comme bois de chauffage, les arbres sont actuellement convertis en pâte à papier ou en bois d’oeuvre :

- le chêne est utilisé en menuiserie et ébénisterie (pour les plus beaux spécimens), pour les traverses de chemins de fer.

- les résineux permettent de fabriquer des fonds de caisseries, des cercueils,des madriers, des chevrons…